Texte de la remise de l'encyclopédie Hysteria II


Lorsque le sud d'antan n'était pas peuplé de malmeneurs et d'écorches-tout, que les Chevaucheurs sillonnaient le continent soutenant la paix du souverain Efanador Te Draoum, L'empereur des hommes tenait loyalement ses sujets dans l'immensité de ses terres. Les seigneurs que l'on nomme vylzains vivaient à l'écart des hommes, refusant de se corrompre au contact de ces humains auxquels ils portaient pourtant moins de haine qu'aujourd'hui. Les dieux les punirent pour ne pas avoir essayé d'empêcher le cataclysme. Les vylzains ont abandonné les dieux comme les dieux les ont abandonnés, et comme ils ont abandonné tous les hommes à leur néant intérieur, ne leur confiant que des fétus de paille pour idoles. Les vylzains quoiqu'ils en pensent ne sont plus des seigneurs, et leur supériorité envers les hommes ne repose que sur l'attente d'une nouvelle destruction.

De longue tradition existaient les Parcheminés, les détenteurs des secrets les plus noirs des terres intérieures. Au côté de Te Draoum, ils furent longtemps de zélés serviteurs. Dans leurs immenses académies ils élaborèrent le moyen de reprendre le pouvoir, malgré la supériorité militaire, politique et morale des chevaucheurs, ainsi que leur loyauté envers l'empereur. Les vents de l'Est soufflèrent apportant de funestes présage à la cité Blanche.

L'empire Aïlan, défait depuis de longues années, avait pratiquement disparu, comme assimilé par les Siraki. Ses rudes peuplades ne portaient plus la révolte qui bouillait dans le sang de leurs ancêtres. Elle aurait pu donner la défaite aux Parcheminés, si elle s'était réveillée. La plaine de l'Estar qui résonne encore des cris de ses combattants est la seule à témoigner de leur vigueur perdue.

Au nord les seigneurs nains chevauchaient les animaux de l'ancien monde, dont l'os est plus dur que l'acier des plus grandes forges. Ils restaient eux aussi à l'écart des hommes, mais n'auraient rien pu empêcher.

Campedora, la cité des guerriers maintenant investie par les faces blanches, entrait en guerre contre l'empereur.

Le déclin annoncé, rien ne semblait pourvoir l'arrêter. Chaque action pour l'entraver menait plus vite à son accomplissement. De nombreux rouages travaillaient lune après lune pour conduire lentement le monde vers Hysteria.

Le monde sombra et la grande civilisation d'avant disparut corps et âmes en laissant le maigre héritage des hommes dans les mains de quelques vilains. Les zaëls ne chantèrent plus jamais, d'aussi loin qu'on en ai vu un seul depuis.

Les dieux détournèrent leur regard de ces contrées, mais certaines anciennes puissances survécurent au delà du cataclysme, portant en eux les anciens tourments et les anciennes dissensions. De nombreux cycles après Hysteria l'ordre du monde ne semblait pas de bon augure. Le vieil empire unifié était divisé et les anciens frères s'entretuaient. Laissez-moi vous montrer de quelle façon.

Au Nord, les arrogants seigneurs considéraient le reste de l'humanité comme plus bas que terre. Le sud peuplé de bricons tels que leurs chefs parvenaient difficilement à les contenir. A l'Ouest, les femmes guerrières ourdissait de souterraines menaces. L'Est portait en lui le germe de grand malheur, mais aussi d'espoir.

Les anciennes forces étaient réveillées, et l'on disait que Iléor Borkaï revenait hanter les basses terres. Les seigneurs haut-nains forçaient la sagesse à défaut de la porter, et les vylzains attendaient leur heure comme dans un purgatoire à ciel ouvert. A nouveau les veines de la terre se rougirent, au sud et à l'ouest les armées s'amoncelaient annonçant le réveil de celui que redoutait tant l'empereur Uskam.

Quatre hommes sortis d'on ne sait où, devinrent maître de vallon. Certains sots les prirent pour manants. D'aucuns décelèrent promptement en eux la flamme qui les animait. Ce feu sacré embrasait tout sur son passage. On les vit ici dans les combats au Sud, reprenant un fort à une armée. Là ils sortent d'une manière incroyable victorieux d'une arène mortelle. Tout quatre différents, difficile de dire ce qui les rassemblait, si ce n'est un même désir d'équité et un autre regard sur le monde. Se préoccupant autant des vilains que des puissants, ce n'étaient cependant pas des agneaux et savait faire chanter le fer le moment venu, contre quiconque se dressait en travers leurs desseins. Initiés aux pouvoirs les moins connus de ces terres, ils défièrent l'ordre du monde. On ne sait exactement ce qu'il advint, mais ils changèrent le cours des choses.

De quelle façon ? Je pourrais vous le conter. Mais le sage sait que même la vive passion ne suspend pas le court du temps. Et le mien est compté, ma salive est chère et mon cœur est lourd. Aussi je vous confie ceci. Maintenant je vais rejoindre mon maître. Que celui que l'on nomme magicien du jeu reprenne sa place maintenant, et que Ker-Zéoum vous garde.

Elinaël