Tilhachel fait une promenade philosophique


Le vent souffle autour de nous tous et aucun de nous ne peut l'ignorer. Tous autant que nous sommes le respirons pour subsister. Son odeur nous indispose parfois, sa force nous renverse. C'est le vent d'Hysteria. Qu'il sache qu'il m'est difficile de parler de mes amis. Qu'il l'emporte avec lui ! Chaque pensée que je leur porte, chaque opinion que je me forge à leur sujet ne fait que me rappeler mes travers et mes tares. Puisque le vent le veut, il saura ce que j'ai à dire à leur sujet et il le portera à qui voudra bien prêter l'oreille à ce murmure de feuilles des arbres au milieu du brouhaha de la tempête de l'hystérie.

Je partage une moitié de race avec Elinaël, entre autre... Beaucoup de monde pourrait dire la même chose. Si son amour de la mélodie, son respect des animaux et de la vie est une facette elfique, les hommes aussi se reconnaissent en lui en voyant son goût relatif pour la violence et un certain attrait pour le vice. Mais ce n'est pas tout, on peut penser avoir à faire à un demi-nain lorsqu'il commence à compter ses pétales. Il ripaille comme un demi-hobbit et part se bastonner avec l'entrain d'un demi-orc. Il lui arrive même de réfléchir comme un demi-troll. Oui, rappelez-vous les hordes de la désolation... Depuis cette triste expérience on pourrait même le confondre avec un demi mort vivant. Au total, il est l'être qui sait être la moitié de toutes les races. Il a réussit l'exploit de les réunir toutes pour en faire un ami entier.

On pense que Galfin est un idéaliste parce qu'il refuse d'accepter les avantages de certaines actions à priori ignobles comme torturer, réduire en esclavage, tuer et violer par plaisir. A l'évidence, Galfin est indispensable à Hysteria qui elle, refuse d'accepter les avantages de certaines actions à priori généreuses comme aider un mourant, faire sacrifice de soi, aimer quelqu'un. Dans le ciel noir de la nuit du monde originel, Galfin est l'unique étoile qui brille encore un peu à mes yeux. De la voir me rappelle que la lumière existe toujours quelque part, même au plus profond des endroits les plus sombres. Au fond du cœur de Kratz se cache un germe de Galfin. A part ça, Galfin tue et décapite ses ennemis avec parfois beaucoup de férocité, il faut bien l'admettre. Je ne crois pas que l'on puisse le lui reprocher car cela n'entache en rien ce qu'il est. La Nature nous a donné la vie et nous sommes tous obligés d'avoir des réactions naturelles... Sans Galfin, Hysteria ne serait qu'un trou noir traînant vers son centre le reste de la création. Je me demande parfois où nous aurions tous sombré sans lui.

Je pense que dans la langue des métisses, Thyron veut dire "père" mais aussi "celui qui regarde". Thyron est celui qui à chaque carrefour de sa vie regarde tous les chemins qui s'offrent à lui avant s'engager, lui et la race qu'il représente. A le voir, je m'explique ceci par sa peur de l'avenir. C'est donc tout naturellement que Thyron a choisi pour devenir celui d'un prêtre de la peur. Je lui vois un très fort potentiel dans le domaine, et je n'ai pas été le premier. Le chemin qu'il a choisi de marcher est fin comme le fil d'une lame et sépare les peurs des autres et les siennes. Ce chemin est encore long et croise celui de l'Equarrisseur. Mon avis est que Thyron ne prend pas encore la mesure de la difficulté que représente ce chemin. S'il tombe du coté de ses peurs, il deviendra fou, s'il tombe du coté de celles des autres, il causera la fin du monde. J'ai choisi de marcher ce chemin avec lui pour l'aider, mais je dois bien avouer que je ne sais pas encore comment.

Ah oui, accessoirement, Thyron est aussi un tas de points de constit! Je vous l'avais déjà dit?

Quant à moi, il me semble parfois être alternativement la flèche qui traverse l'air pour fondre sur sa cible et l'œil de l'archer qui regarde autour de lui où se cache d'ennemi. L'un agit sans réfléchir, l'autre réfléchit sans rien faire. Une fois ma décision prise, je pars déterminé dans une trajectoire bien prévisible. Comme la flèche, soit je tue ma cible, soit je me plante dans le décor. Pour le moment je ne pense pas avoir encore rencontré de décors trop durs qui aient émoussé ma pointe. L'air d'Hysteria ne fait pour le moment que l'affûter. Je pense au jour prochain où cette pointe bien effilée sera devenue cassante et que je me dirigerai droit sur un rocher bien dur qui pourrait me briser. Je sais que mes amis seront là et je n'ai pas la moindre crainte.

Allez, souffle vent d'Hystérie, et emporte avec toi mes paroles. Je ne suis pas un philosophe ni un penseur aussi peux-tu bien les perdre dans tes courants et tes brumes. Je sais que la marque que nous laisserons sur ce monde sera ailleurs. Nous avons besoin de toi pour respirer mais lorsque nous vidons nos poumons, nous te faisons souffler aussi, même si aujourd'hui ce souffle n'est qu'un murmure au cœur de ta tempête. Le jour où tu porteras nos Légendes, nous n'aurons pas besoin de t'appeler pour que tu le fasses. Tu souffleras une autre tempête que celle d'Hystéria. Tu souffleras celle de nos cœurs et de nos poumons.

Tilhachel