La légende du Rinat
Le centre de Noland est occupé par un lac sombre d’où émanent des odeurs pour le moins peu ragoûtantes. Les eaux du lac sont aussi limpides que ce que mes boyaux déversent après une soirée où le jarret de porc baigne à s’y noyer dans le vin de peu de qualité.
Et pourtant, dans ses eaux , nage et file et se glisse entre les amas de cadavres putrides, le Rinat, aussi agile que ma main sous les jupons de demoiselles à la vertu rampante.
Je n’en ai point vue, ni encore moins accroché à ma gaule, point faute de m’en servir plus qu’à mon tour. Car mon bon seigneur, le Rinat est un poisson légendaire, plus légendaire encore que les bras de fer de la foire des encornés et c’est quelque chose pourtant !!!
M’enfin je sais que vos heures valent plus que mes années, alors je ne vais point vous rabâcher les escourdes avec mes bavasseries. Un jour, il y a longtemps, bien avant que même le plus vieux de ma lignée n’ait enfourchée celle qui allait lui servir de gueuse de chevet, Noland abritait des pêcheurs tranquilles, qui vivaient en se nourrissant de ce que la nature avait bien voulu leur donner.
Faut vous dire aussi, en même temps c’est dur de voir aujourd’hui avec toutes les bâtisses qui encombrent les rues, mais la ville était comment dire… un village quoi, enfin y avait quelques gueux, point de nobles ni autres penseurs par delà l’utile. Enfin bref, le village était tranquille comme ses gens. Puis un jour, un elfe, un héros des profondeurs, ouais, je dis des profondeurs parce que à la fin vous verrez c’est drôle de l’appeler comme ça… enfin bon… un grand homme, est venu avec une armée de nains, pour venir expliquer aux marins du coin que leur façon de vivre c’était pas comme il faut, et qu’il fallait vite que ça cesse. Et ça a cessé. Ils les a tous tués et jetés dans l’eau du lac, qui à l’époque était bleue, enfin on dit toujours bleu parce que c’est soit disant joli, mais bon, l’eau devait surement être beaucoup plus claire qu’aujourd’hui c’est tout quoi; enfin mieux, propre quoi…
Enfin bilan, il leur a cassé le crâne et balancé dans la flotte pour résumé parce qu’y z’étaient pas en accord sur leur façon de voir les choses.
Et en fait, ben, depuis ce jour là, l’eau du lac elle est maudite. Et on dit qu’un jour, celui qui a tué, enfin l’elfe, le grand chevalier viendra et qu’il pêchera un poisson donc le Rinat, et qu’avec ce poisson et à l’aide des forgerons nains, enfin ceux qui étaient venus avec eux, pourront forger un truc très très puissant et tout et tout, mais que si tu le portes, ben ca te ramolit le cabochon et que tu fini par en crever.
Compte rendu de ma discussion avec le gardien du cimetière, le 23 de la sombrée an 241.
Sans nul doute comme en toute légende rien n’est parfait ni précis, mais relate en tout point la croyance de celui qui nous la conte. Bien qu’une légende se couche sur le papier, c’est au dessus de nos couches qu’elles viennent rôder pour peupler nos rêves.
Acète 44 de l’Académie